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actualités - 12/02/2018

Quelle semaine ! Restez l’arme aux pieds…

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Atlantico 12 février 2018

Après un mois de janvier record, les marchés américains sont sous pression depuis les tous premiers jours de février. L’origine de cette tension se situe du coté des chiffres du chômage publiés aux Etats-Unis Vendredi 2 février et surtout du coté des salaires en hausse de près de 3%.

Alibi après une forte hausse ? Crainte d’un retour de l’inflation ? Crainte d’une récession à venir ? Effets techniques ?

Certainement un peu de tout ça…

La hausse des actions américaines a effectivement été très forte depuis l’élection de D. Trump : Une économie américaine en croissance régulière depuis des années, des résultats d’entreprises exceptionnels, un dollar faible…et les perspectives d’une baisse des impôts « historiques »…les ingrédients d’une hausse des actions étaient réunies.

18000 au moment de l’élection de D. Trump …26600 quatorze mois plus tard, le Dow Jones avait battu record sur record sans s’accorder ce que les professionnels appellent une consolidation, c’est à dire une baisse de 8-10% qui permet au marché de « respirer » et d’éviter les excès.

Depuis plusieurs semaines de nombreux observateurs et investisseurs avertissaient sur la cherté des marchés…mais comme ils émettent ce type d’avertissements depuis que le Dow Jones a dépassé le niveau de 20000, ils n’étaient plus pris au sérieux.

Le plus troublant pendant toute cette phase de hausse était la faiblesse de la « volatilité ». De quoi s’agit-il ? il s’agit d’une mesure de l’ampleur des variations du cours d’un actif financier. De fait, depuis des mois la volatilité de pratiquement tous les actifs baisse…il y a eu de moins en moins d’écarts de prix, en particulier sur les actions.

Généralement ce type d’évolution traduit une confiance élevée dans les perspectives de progression des marchés. Les actions américaines et, progressivement, toutes les actions à travers la planète sont entrées dans une spirale positive : croissance économique, hausse des résultats, confiance, baisse de la volatilité…

Sur les marchés, tout a un prix, tout est coté : la volatilité ne fait pas exception. Elle n’a fait que reculer depuis des mois. Les experts de la Société Générale ont calculé que fin janvier 2018 la volatilité évoluait sur des niveaux historiquement bas jamais atteints depuis que cette mesure existe !

Le problème est que de nombreux intervenants ont initié des positions vendeuses sur les indices de volatilité…ce « trade » était effectivement tentant : un « trade » gagnant pendant des mois attire beaucoup de monde. L’inconvénient est simple à imaginer : au moindre problème les cours commencent à reculer, l’amplitude des mouvements grandit et les vendeurs d’indices de volatilité (très nombreux) doivent se racheter …et augmentent l’amplitude des mouvements !

La hausse des salaires annoncée vendredi a servi de détonateur : beaucoup de vendeurs de volatilité se sont vus contraints de couper leurs positions. Le paroxysme de ce phénomène a été atteint en milieu de journée de lundi à New-York lorsque le Dow Jones a reculé de plus de 1500 points soit un recul historique jamais réalisé.

Le mouvement de recul a été concentré sur les actions américaines ; les autres actifs comme les obligations ou les devises ont peu fluctué. Les actifs refuges, habituellement en progression dans les périodes de tension, ont également connu des évolutions modérées.

Tout ceci laisse plutôt penser que le « mini krach » de la semaine dernière est essentiellement technique.

Pour autant, il nous semble illusoire de penser que l’épisode de baisse soit déjà derrière nous, et ce pour plusieurs raisons : tout d’abord la volatilité appelle la volatilité…les positions accumulées depuis des années vont mettre du temps à être purgées ; de nouvelles phases de liquidations sont possibles. Enfin, quand nous constatons que des mouvements techniques ont un tel effet cela nous alerte sur la fragilité du marché.

Par conséquent, pour les investisseurs qui ont du cash, nous recommandons d’investir très progressivement et en étant diversifiés et sélectifs ; pour ceux qui sont investis, il nous semble bien sûr inutile de liquider les positions… en particulier en Zone Euro, là où l’économie accélère et nous considérons que la croissance reste in fine toujours le moteur de progression des actions.

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